Ça doit faire quatre ans que je n'ai plus touché à un bureau sous GNU/Linux. L'ennui et la monotonie de OSX; sont très largement compensés par une utilisation sans soucis et pratiquement exempte d'interventions pour des réglages. Tout cela profitant à la productivité.

Mais la bienveillance de GNU/Linux me manque. Comme tout geek, j'aspire à une liberté de choix et d'utilisation en restant relativement proche de la machine. Ce que j'ai complètement perdu avec OSX.

Plutôt que de passer le week-end dans mon transat, à tailler les haies, à tondre la pelouse, pourquoi ne pas se virtualiser une distribution GNU/Linux et tester différents desktops?

Avec KDE, une de vos premières tâches consistera à donner aux applications GTK un aspect présentable. Firefox (ici renommé en Iceweasel) ou Synaptic ont un aspect hideux.

Firefox sous KDE

Vous voici parti à la recherche de recettes de grand-mères, le problème étant que personne ne sait vraiment comment faire et que les réponses varient au gré des distributions et des versions de KDE, sans que celles-ci soient explicitées.

Voici donc ma recette, qui vaut pour KDE 4.8.4 sous Debian testing/jessie, sans certitudes que certaines étapes ne soient pas superflues et sans avoir cherché à comprendre tous les mécanismes à l’œuvre.

Installez les paquets suivant :

gtk2-engines gtk2-engines-oxigen kde-config-gtk-style kde-config-gtk-style-preview qtcurve

Contrairement à ce qui ce dit parfois, il n'est pas nécessaire d'installer lxappareance. Rien qu'à la lecture de la description du paquet, on voit bien que cela n'a pas vraiment de sens :

LXAppearance is a GUI application for the Lightweight X11 Desktop Environment(LXDE).

Sans doute suggéré à tort car il contient une dépendance vers gtk2-engines.

Dans System Settings (l'ex KDE Control Panel aka KControl), dans l'onglet GTK, assurez-vous que Qt Curve est sélectionné pour GTK2 et Default pour GTK3.

Voilà, ça va déjà mieux pour la présentation, mais l'expérience utilisateur en prend déjà un coup.

Si vous comptez utiliser Konqueror pour naviguer, encore que vous avez à présent un Firefox Iceweaselé fardé comme une voiture volée, vous souhaiterez certainement passer du moteur KHTML à Webkit, ne serait-ce que pour profiter d'un affichage décent des interwebs.

L'aspect général de KDE est délicieusement ringard mais surtout gentiment lourdingue.

Tout est conçu pour être ajustable dans les moindres détails. Une fenêtre a typiquement, en plus des 3 boutons minimiser/maximiser/fermer, deux autres boutons "menu" et "visible on all desktops". Parfois un bouton d'aide s'ajoute au premier groupe de trois.

Et une foultitude de réglages est généralement disponible dans le menu "réglage" (Konqueror) ou directement dans la barre d'outils (Dolphin). Une fois que vous aurez appuyé sur la clé à molette de ce dernier, vous trouverez, outre "Tools" ou "Go", un "Configure Dolphin", un "Configure Shortcuts" et un "Configure Toolbars".

Le "Kickoff Application Laucher" est bien fichu. Sa bonne lisibilité contraste avec le reste.

Où est le package manager, le truc qui permet d'ajouter des applis et des paquets? Hmmm... Installons Synaptic et Apper.

Les applications que j'installe via Synaptic n'apparaîssent qu'après un reboot, gni?

Alt-F2 fait apparaître une boîte de recherche bien pratique. Celle-ci a parfois tendance à disparaître juste après son invocation. Peut-être dû à la virtualisation?

On peut ajouter des widgets sur le desktop dont la plupart m'ont l'air peu utile. Quand vous passez la souris au-dessus d'un widget, une petite barre apparaît à son côté, vous permettant de le configurer, de le maximiser (?) ou... de le faire pivoter. Cette dernière possibilité m'a toujours laissé perplexe et est la parfaite illustration de l'esprit de configuration à outrance.

Mention spéciale au widget "show desktop" qui, en toute logique, disparaît derrière les fenêtres applicatives ouvertes. Donc pour l'atteindre, s'il est caché derrière vos fenêtres, vous devez d'abord minimiser celles-ci. Wait, what?

Après quelques heures, un message "No network connection available" apparaît dans le coin des notifications et Inceweasel et Konqueror se figent. Il est temps de redémarrer, sans que je sache si ce problème trouve sa cause dans la virtualisation ou dans une instabilité de KDE.

Impression : un desktop attachant qui me rend nostalgique des Sun SPARC utilisées durant mes études. Une pléthore d'options de configuration directement visibles nuisent à la lisibilité.


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