C'est un Richard Stallman un peu en retard et légèrement malade qui se présente en marge du FOSDEM 2016. Connu sous ses initiales rms, il est le fondateur du mouvement du logiciel libre.

Tout en entamant sa présentation, il enlève ses chaussures et chaussettes avant d'imprégner ses pieds de crème. Oui, c'est comme ça :-)

Le pitch (tl;dr) : les logiciels propriétaires vous privent de vos libertés et assujettissent leurs utilisateurs.

D'entrée de jeu, quelques règles pour ceux qui souhaitent filmer ou photographier. Vous pouvez prendre des photos, mais merci de ne pas activer la géo-localisation, et de ne pas les publier sur Facebook ou toute autre plateforme qui considère ses utilisateurs comme des "utilisés" ("used's rather than users"), ou qui demande d'exécuter du code javascript propriétaire. Vous pouvez filmer et mettre en ligne, mais pas dans un format propriétaire. Le ton est donné.

Stallman nous rappelle les quatre libertés du logiciel libre, numérotées de 0 à 3 :

  1. la liberté d'exécuter le programme comme vous voulez, pour n'importe quel usage;
  2. la liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu'il effectue vos tâches informatiques comme vous le souhaitez; l'accès au code source est une condition nécessaire;
  3. la liberté de redistribuer des copies, donc d'aider votre voisin;
  4. la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements; l'accès au code source est une condition nécessaire.

En ligne de mire du discours : Microsoft, Apple, Amazon, Apple, Facebook avec, en filigrane, la complaisance vis-à-vis les gouvernements (et la NSA). Quelques exemples :

  • Apple a refusé à plusieurs reprises une application sur son AppStore pour des raisons falacieuses, avant d'admettre que c'était pour des raisons de sensibilité politique;
  • Microsoft a nié la présence de "backdoor" dans Windows XP, ce qui est pourtant avéré, et ne nie même plus leur présence dans Windows 10;
  • Amazon efface à distance des livres de sa liseuse Kindle, et enregistre vos moindre gestes (changement de page, marque-page, surlignage);
  • La liste est longue.

La liberté du logiciel participe selon lui aux libertés fondamentales, dont elle n'est qu'une des facettes, compte tenu du fait que les logiciels prennent une place de plus en plus importante dans notre société.

Le discours devient néanmoins moins précis dans les cas limites, notament lorsqu'il s'agit de distinguer le milieux scolaire, où tout devrait être libre, du reste. Mais qu'en est-il de cette conférence, tenue dans une université? Aussi, un logiciel qui permet de créer la musique tombe-t-il sous le coup de la définition? Quid si je décide de graver un programme sur un circuit intégré? Les appareils ménagers peuvent-ils contenir des logiciels privatifs ou qui assujettissent les utilisateurs? Confronté à de telles questions, rms botte en touche en affirmant qu'il est vain de discuter ce qui n'est que son opinion.

Je reste sur ma faim. Il n'en reste pas moins que Stallman a foncièrement raison, et de plus en plus raison à mesure que le temps passe. Nous sacrifions de la liberté et nous nous laissons assujettir en échange de commodité.

La présentation se mue ensuite en une vente aux enchères, lors de laquelle une peluche GNU part à 120€ :-)

Le charismatique orateur enfile finalement son habit de prêtre et son auréole pour un prêche humoristique et geekesque à souhait. Un régal pour les nerds.

Video de la vente aux enchères à suivre...

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